Joël Courtois, Directeur de l’EPITA

Publié le 30 décembre 2008 par Techno10.fr

Joël Courtois est le Directeur général de l’EPITA depuis 1997. Suite à la journée dédiée à l’Intelligence Ambiante qui s’est tenu le 4 décembre dernier, nous avons souhaité en savoir plus sur ce qu’est l’Intelligence Ambiante.

Joël Courtois, Directeur de l’EPITA

Tout d’abord, pouvez-vous présenter brièvement votre parcours professionnel ?

De formation universitaire avec un Doctorat en Informatique (spécialité Intelligence Artificielle) de l’université Paris VI, mon parcours passe par l’industrie, la recherche appliquée, l’enseignement et l’expérience de plusieurs écoles d’ingénieurs avant de rejoindre l’EPITA.

Qu’est-ce-que l’EPITA et à quels métiers forme-t-elle ses étudiants ?

L’EPITA forme des ingénieurs informaticiens. L’école est reconnue par l’Etat et habilitée à délivrer un Diplôme d’ingénieur par la CTI (Commission des Titres d’Ingénieur).
Le cursus qui équilibre en permanence enseignements théoriques et très nombreux projets et stages, et cela dès la première année, comprend quatre phases complémentaires :

  • une formation générale d’ingénieur avec une forte base scientifique et les connaissances de gestion et management nécessaires pour un ingénieur manager
  • une formation généraliste sur tous les fondamentaux de l'informatique qui assure la pérennité de la formation
  • une formation d’expert sur un domaine choisi par l’étudiant et correspondant aux besoins forts actuels de l’industrie
  • une expérience internationale de 6 mois ou plus en échange académique et/ou en stage professionnel

Les domaines d’expertise actuels sont au nombre de 8 :

  • Systèmes d’Information et Génie Logiciel
  • Multimédia et Technologies de l’Information
  • Systèmes, réseaux et sécurité
  • Génie Informatique des Systèmes Temps réels
  • Sciences Cognitives et Informatique Avancée
  • Télécommunications
  • Calcul Scientifique et Images (option orientée recherche)
  • Master of Science in Information Systems (option Anglophone avec le Stevens Institute of Technology)

L’EPITA prépare à tous les métiers d’ingénieur liés aux Technologies de l’information et de la Communication.

L’EPITA a organisé, le 4 décembre dernier, une journée dédiée à « l’Intelligence Ambiante ». Comment définiriez-vous l’Intelligence Ambiante ?

L’intelligence ambiante se caractérise par une présence technologique forte, centrée sur l’humain, et qui se veut la plus discrète possible !
Elle émerge d’innovations issues de nombreux domaines électroniques et informatiques : miniaturisation et puissance de calcul des composants et capteurs, progrès des télécommunications, des réseaux, de l’intelligence artificielle, des IHMs…

Quel était le but de cette journée ?

La science fiction bientôt au service du quotidien ! Des milliers de capteurs qui communiquent entre eux de façon autonome et remontent l’information vers l’humain lorsque cela est nécessaire.
Le sentiment d’ubiquité donné par la possibilité de voir et d’agir en de multiples lieux sans quitter son ordinateur ou son téléphone cellulaire. Une sécurité des biens et des personnes par des systèmes de surveillance autonomes. Autant d’élément passionnants qui peuvent en même temps faire remonter des craintes quant à la bonne utilisation de tous ces services : le retour d’un nouveau Big Brother ?
Ce sont toutes ces facettes de l’Intelligence ambiante qui ont été abordées au cours de ce Colloque grâce à la participation de chercheurs, d’entreprises innovantes, de journalistes  et d’écrivains.
Bien entendu, il n’en ressort pas une conclusion définitive.
Comme toute innovation forte, elle comporte des dangers qu’il est impératif de connaître pour pouvoir les évaluer et les maîtriser, mais tous s’accordent à faire le pari de technologies très largement bénéfiques pour la société.
La recherche a encore du travail devant elle. Les entreprises auront pour mission de la transformer en innovations attendues par les consommateurs et les travaux présentés durant le colloque sont déjà édifiants en termes de services à la personne ou d’usage industriels en traçabilité.

Ces dernières années, on constate une nette progression des nouvelles technologies dans les produits grand public, comment l’expliquez-vous?

Nous vivons dans un monde de technologies. Après une période d’adaptation, chacun a su y trouver son intérêt.
La technologie a longtemps été au service de la technologie… ou des experts ! Quand les industriels ont fait le virage d’une technologie centrée sur l’humain le résultat s’est fait immédiatement sentir !
Qui a encore envie de son vieux téléphone, de sa vielle télévision, voire même de sa vielle machine à laver quand des produits plus performants et surtout apportant beaucoup plus de services à l’utilisateur sont proposés avec des interfaces de plus en plus conviviales ?
Avez-vous observé l’évolution des modes d’emploi ? Une double page pour la mise en fonction et c’est parti ! Pour les amateurs de Proust vous pouvez commander le manuel détaillé en 500 pages…

Pensez-vous que ces nouvelles technologies soient accessibles à tous ?

Il existe actuellement une volonté clairement exprimée par l’Etat de rendre ces technologies accessibles à tous.
Il ne s’agit d’ailleurs plus d’un choix politique mais d’une obligation pour le développement de notre société.
Cela n’est pas encore réalisé mais de nombreuses actions tendent à réduire ce que l’on nomme la fracture numérique.
Il faut d’ailleurs avoir conscience que cet accès aux nouvelles technologies se pose dans tous les pays et qu’il est encore plus crucial dans les pays en voie de développement.

Quels sont encore, selon vous, les principaux changements auxquels il faut s’attendre dans les prochaines années ?

Que peut-on attendre pour les prochaines années ? L’arrivée massive de services d’intelligence ambiante bien sûr !
En fait, nous ne sommes pas dans une période de rupture technologique mais dans une phase de convergence technologique. Il reste encore des infrastructures à étendre et consolider, mais ce sont les usages qui vont le plus évoluer.
La prise de conscience écologique va également favoriser le développement des services dématérialisés.

Un petit mot pour conclure ?

Chacun aura un rôle à jouer dans l’innovation des usages pour une économie de la connaissance.

 

Joël Courtois, la Rédaction de Techno10 vous remercie pour le temps précieux que vous lui avez accordé et rappelle qu'une Journée Portes Ouvertes aura lieu le 17 janvier prochain au IONIS Campus Paris Sud.

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